Par Amandine Auroux
Les yeux du milieu culturel sont rivés vers Metz, où l’annexe du Centre Pompidou ne va plus tarder à ouvrir ses portes. L’architecutre du bâtiment laisse parfois sceptique, mais le succès reste garanti.
« La maison de schtroumfs », c’est comme ça qu’est parfois appelé le nouveau centre Pompidou de Metz. Fraîchement fini de construire, il ouvrira ses portes le 12 mai prochain, après trois ans de travaux. Le bassin messin comptera désormais 10.600 mètres carrés entiérement dédiés à l’art contemporain dans toute sa diversité.
De nombreuses festivités sont prévues pour cet événement local, mais aussi européen, et la première grande exposition tant attendue présentera des pièces signées Matisse, Dalí ou Miró, majoritairement venue de la capitale. Ils illustreront l’éternelle problèmatique qu’est la définition d’un chef d’oeuvre, souvent en bisbille avec l’art contemporain.
Mais comment l’aventure a-t-elle commencée ? Dans les années 90, le Centre Pompidou parisien, qui dispose d’un fond de 50.000 oeuvres mais qui en expose seulement 2.000, a voulu s’ouvrir extra-muros de la capitale, suivant le modèle des grands musées américains. Un gage de qualité qui avait alléché plusieurs villes françaises, dont Metz, vainqueur du marché en partie grâce à son emplacement stratégique en Europe.
Shigeru Ban en est l’architecte, avec sa structure au toit ondulant d’inspiration asiatique. Trois ans, soit vingt-quatre mois de plus que ceux prévus, ont été nécessaires à la mise sur pieds du projet pharaonique. L’architecture a été pensée de manière écolo et intello, pour pouvoir accueillir des oeuvres aux dimensions vertigineuses.
Le look général du centre n’a pas échappé à la critique des Messins, tout comme son grand-frère parisien en 1977, bien qu’il n’y ait aucune ressemblance entre les deux pôles culturels.
Mais avec 250.000 visiteurs attendus dès la première année, l’annexe du centre Pompidou devrait mettre tout le monde d’accord. Elle sera inévitablement un vrai plus pour Metz, souffrant d’une image vieillsante, voire même refoulante de ville militaire.






