Par Emmanuelle Lopez
Florence Cassez ne cessait de le dire, aujourd’hui la justice mexicaine le reconnaît : l’arrestation de la Française filmée ” en direct” par la presse en décembre 2005 n’était qu’une reconstitution.
Le 9 décembre 2005, les journalistes pensaient couvrir en direct l’arrestation de Florence Cassez et de son ex-compagnon Israël Valarta, soupçonnés alors d’enlèvements et de séquestrations, ainsi que la libération d’ otages. Il s’agissait d’une mise en scène orchestrée par les forces de l’ordre mexicaine.
Ce montage avait pourtant été dénoncé par la Française, qui a toujours affirmé avoir été arrêtée la veille au matin et détenue secrètement prisonnière jusqu’au lendemain, jour de la reconstitution.
Le patron des policiers de l’Agence fédérale d’investigation (AFI), Genaro Garcia Luna, devenu depuis ministre de la Sécurité publique, avait corroboré ses dires à la télévision en 2006, ajoutant à cela que cette mise en scène avait été organisée à la demande des médias.
Aujourd’hui, le parquet de justice mexicain reconnaît la manipulation, dans un communiqué envoyé à l’AFP. Un aveu conséquent selon les avocats de la jeune femme : pour Franck Berton, le dossier ne tient désormais plus debout et à Agustin Acosta d’ajouter « Il y a là matière à révision du procès, car ce document aurait dû figurer dans le dossier lors de la procédure d’appel ».
La loi prévoie qu’un suspect arrêté en flagrant délit, doit être conduit devant un juge « sans délai ». Les parents de la jeune femme, quant à eux, dénoncent une « accumulation de mensonges et d’erreurs ».
Incarcérée depuis décembre 2005, dans une cellule de Mexico, Florence Cassez était initialement condamnée à 96 années de prison. Elle avait vu sa peine réduite à 60 ans grâce à l’intervention du président Nicolas Sarkozy auprès de son homologue mexicain en mars 2009. Les négociations semblaient bien amorcées.
Effectivement, la jeune femme, qui a toujours clamé son innocence, espérait être rapatriée en France (sa peine aurait alors été divisée par deux). Mais le président mexicain en a décidé autrement : « Personne au Mexique, quel que soit son rang social ou économique, ou sa nationalité, ne peut échapper à la loi. Le cas de Florence Cassez ne peut-être une exception ».
Cette annonce avait été qualifiée d’« énorme surprise » par l’avocat Français de Florence Cassez qui n’y voyait qu’une « démonstration que Florence était devenue une otage politique, qu’elle est nécessaire à la campagne électorale des législatives qui se tiennent dans 15 jours au Mexique ». En effet, le président Felipe Calderon entendait montrer aux citoyens mexicains qu’il veillait fermement à la sécurité du pays et ne comptait laisser aucun laxisme s’installer.
« Cette affaire n’est pas clause et la France reste plus que jamais mobilisée pour que soit trouvée dans le cadre du droit une solution » a déclaré mardi le porte parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero.